De l’astrologie à la Trinité-des-Monts ?

En novembre, nous sommes sous le signe astrologique du scorpion. Saviez-vous que les signes du zodiaque sont tous représentés dans un couloir de la Trinité-des-Monts ? Etonnant pour un couvent de religieux minimes, n’est-ce pas ? En voici l’explication.

Une horloge solaire surprenante

L’incroyable astrolabe réalisé par le Père Emmanuel Maignan dans le couloir de la Trinité-des-Monts indique à l’observateur éclairé une quantité d’informations surprenantes. Tout astrolabe a pour fonction première l’étude des astres, et celui-ci donne d’observer le premier d’entre tous : le soleil. C’est donc une horloge solaire qui s’étale sur les 120m2 de cette aile du premier étage du cloître. Grâce aux nombreuses lignes savamment tracées, l’astronome amateur peut connaître l’heure à Rome et dans de nombreux pays. Il peut également indiquer la saison de l’année grâce aux élégants signes du zodiaque qui parcourent la voûte.

Plongée dans l’astrologie

Vierge, lion, capricorne, scorpion, poisson, balance, ils y sont tous ! Et il est vrai que dans un milieu scientifique et religieux, on peut s’étonner, à juste titre, de rencontrer ces manifestations astrologiques. Mais cela n’est pas tout ! Au bout du couloir, une table des planètes nous indique sous l’influence des planète selon l’heure du jour ou de la nuit, et selon le jour de la semaine. De nouveau, c’est une véritable plongée dans le domaine de l’astrologie à laquelle le visiteur ne s’attendait pas.

Astronomie ou astrologie ?

L’explication est pourtant bien simple. La table des planètes tire son origine de l’unité de l’astrologie et de l’astronomie. A l’instar de la chimie et de l’alchimie, ces deux domaines ne formaient qu’un seul et même champ d’étude jusqu’à une époque avancée dans l’histoire. Leur séparation fut le fruit d’un processus long, étroitement lié aux avancées scientifiques. A partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle l’astrologie ne fut plus considérée comme une matière scientifique, et seule demeura l’astronomie. En France, en 1666, Colbert exclut l’astrologie de l’Académie des Sciences.
Les signes du zodiaque, en revanche, font pleinement partie du domaine de l’astronomie. Il s’agit de 12 constellations articulées autour de soleil et dont, depuis la terre, en rotation autour du soleil, nous ne voyons qu’une petite portion, différente selon les mois de l’année.

Conclusion

Lorsque l’astrolabe fut réalisée en 1637, l’astrologie était encore considérée comme une science, à laquelle s’adonnait le père Maignan. Les signes du zodiaque, quant à eux, enrichissent toujours le couloir de formes aux teintes orangées, qui ajoutent à sa beauté inhérente et jusqu’au 16 novembre, c’est le scorpion qui est à l’honneur !



 

ZOOM SUR … l’inscription du père Maignan 

Inscription laissée sur le mur du couloir par le père Maignan lui-même

“Cet astrolabe offre aux regards une seule portion du ciel, celle qui s’étend depuis le zénith de Rome jusqu’à l’horizon, restant contenue entre les points du lever et du coucher du Soleil, à ceci près qu’elle en déborde de quelques degrés, vers l’Orient. Sur cet astrolabe on a placé, comme au centre du monde, un miroir d’où le rayon, comme un autre soleil dans son propre ciel, réfléchit, apparaît et disparaît, se tourne vers le midi et s’en va vers le Nord, illuminant, au long de son circuit, toute cette galerie voûtée, soigneusement close tant que le Soleil la parcourt, de façon que les tracés de l’astrolabe soient bien nettement observés. De plus, les différentes familles de lignes sont clairement expliquées, soit individuellement, soit collectivement et simultanément, grâce aux annotations tracées près d’elles, ou bien dans l’autre table comme on peut le voir. Les autres usages de cet astrolabe devraient être expliqués, mais celui qui a la plus petite connaissance d’un astrolabe ordinaire le comprendra facilement.
Le Révérend Père Emmanuel Maignan, de l’Ordre des Minimes, a inventé et dessiné cet astrolabe catoptrico-gnomonique.”

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